BIOSÉCURITÉ

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Comment un minuscule insecte a mis fin à la prolifération de la cicadelle pisseuse

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La cicadelle pisseuse : un fléau pour l'environnement et l'agriculture

La cicadelle pisseuse, Homalodisca vitripennis, introduite malencontreusement de Californie, a envahi Tahiti en 1999. Elle s'est rapidement et largement dispersée en Polynésie française (10 îles infestées situées dans 3 archipels différents : Iles de la Société, Marquises, Australes). La prolifération de cette peste a généré d'importantes perturbations agricoles, écologiques et sociales en Polynésie française (affaiblissement des plantes, risque de transmission de maladies, « pluies » dues aux excrétions sous les arbres, invasion par centaines le soir dans les maisons, etc.).

photo de larve de cicadelle pisseuse

Le programme de lutte biologique

photo d'élevage de parasitoïde

En raison de la gravité de la situation, un programme de lutte biologique contre cette cicadelle à l'aide du parasitoïde (micro-guêpe) Gonatocerus ashmeadi a été mené à partir de 2004 par le Département de la Protection des Végétaux et la Station Gump de l'Université de Californie à Moorea. Il a d'abord été démontré que cette micro-guêpe, inoffensive pour l'homme, ne parasite pas les cicadelles indigènes. Elle a ensuite été importée de Californie en septembre 2004, élevée à Papara et près de 14 000 individus ont été lâchés sur l'île de Tahiti en 2005.


En quelques mois, elle s'est répandue dans l'île entière et, depuis, la population de cicadelles pisseuses est durablement réduite de 90 % par rapport à la situation antérieure. Des introductions volontaires et accidentelles ont eu lieu dans les autres îles où d'aussi bons résultats ont été obtenus.

Fini les « pluies » sous les arbres à Papeete, fini les maisons jonchées de cadavres de cicadelles au matin.

Le suivi sur plusieurs années montre une fluctuation saisonnière des populations de cicadelles. Leur nombre augmente en fin de saison fraîche qui est moins favorable au développement de la micro-guêpe et au parasitisme.

Les résultats sont parus dans UCR Newsroom ou de façon plus détaillée dans Biological Invasions.
Page réalisée par Julie Grandgirard.